Tour des Hautes vallées des gaves

Par la vallée du Marcadau et le GR10

Lundi 05 Juillet :   Roquefort / Cauterets

On suit le GPS. Pas toujours judicieux cet outil mais bon… 3h50’ après le départ nous sommes à Cauterets. Quelques pas dans cette charmante petite station thermale, pas encore au paroxysme du tourisme, pour trouver de quoi nous sustenter avant d’endosser nos sacs qui s’étalonnent de 9kgs à 16kgs… boisson comprise

Cauterets 913m  /  Refuge Wallon-Marcadau 1865m

12h50’ Départ, sous un soleil éclatant, des « Thermes de César » vestiges de l’âge d’or du thermalisme, même… Bernadette Soubirous, entre autre sommités, y goûtait en son temps.
Jusque à « la Raillère » nous marchons, en sous-bois, sur un beau sentier et, au rythme lent de la montée, nous nous familiarisons avec nos charges. Dés ce point passé nous longeons rive gauche un torrent impétueux  -addition des gaves (torrents) de gaube et Marcadau-  rafraîchissant (merci les embruns !) et étourdissant à la fois. J’en ai oublié les noms des quatre ou cinq impressionnantes cascades qui le jalonnent.
2h30’ (le temps préconisé par le Topo FFRP) pour arriver au « pont d’Espagne » et retrouver Fabien et Domi qui ont testé leurs mollets.
Une petite pause de ½ heure avant la deuxième mi-temps qui doit nous mener au refuge Wallon-Marcadau…
Il faut emprunter, d’abord, une petite route goudronnée, heureusement interdite à la circulation puis un large sentier s’amenuisant au fil des pas. « Pont de Cayan », « passerelle d’estalounque », rive droite, rive gauche, on passe des troupeaux de vaches en robes grèges ou brunes et on avance …presque au rythme de leurs clarines.
Quelle est belle cette « vallée de Marcadau » ! (en Gascon : marché/place du marché) Harmonie parfaite entre les eaux limpides du/des torrent(s), les vertes et grasses prairies en fleurs, les majestueux pins à crochets, séculaires, les rhododendrons, le granit (ah ! la belle pierre) et les pics qui l’entourent.

 


Le «Pla de la Gole » : on peut se projeter quelques centaines d’années en arrière, imaginer une immense scène de transactions entre les éleveurs de  Penticosa en « Aragon » et ceux de Cauterets.
Nous ne sommes plus loin du refuge et même si une légère fatigue plombe un peu nos jambes, cheminer dans ce cadre est un réel bonheur sous le ciel bleu et dans l’ambiance excellente qui anime le groupe.

Fait rare autant qu’incongru en montagne, nous croisons un « allumé » totalement à poil, hormis un petit sac à dos et des chaussures…Confort oblige.

18h10’ : Le Refuge Wallon (du nom d’un Pyrénéiste /cartographe) nous accueille. La bâtisse qui a dû braver bien des intempéries est imposante la façade en granit et le rouge de ses volets est du plus bel effet.
Aller tremper nos pieds et faire un brin de toilette au torrent : Quoi de plus vivifiant ? De plus reposant ? D’autant que « le boss » je veux dire Domi, s’occupe des formalités.
Le dortoir, style mansarde aux grosses poutres apparentes, en cellules ouvertes de six couchettes, nous paraît bien sympa. S’endormir même après ½ heure de franche rigolage n’est un problème pour personne.

 

 

Etape : 5h07’ (arrêts compris)   Distance : 16 kms   Dénivelée : 1090m 


Mardi 06 Juillet :

Refuge Wallon-Marcadau  / Refuge des Oulettes de Gaube

7h45’ : Grand beau !  Nous partons pour une belle étape de montagne qu’emprunte d’ailleurs la HRP.
Nous descendons une centaine de mètres en rigolant jusqu’à la passerelle. Le ton est donné.
Le début de la montée dans cet écrin est facile. Nous serpentons entre les blocs de granit en prenant peu à peu de l’altitude. Le Pla de la Gole est derrière nous. Jeter un œil furtif vers les volets rouges du refuge nous fait mesurer, avec une réelle satisfaction,  le chemin parcouru mais porter le regard vers le haut confirme bien que les névés, cette année, dans ce secteur, sont très importants en ce début de saison. On nous avait bien dit que les récentes chutes de neige ajoutées à celles de la fin de l’hiver avaient laissé des traces.

Les soucis de l’un(e) ou l’autre d’entre nous s’évaporent aussitôt posé le premier pied sur la neige transformée par le courant de Sud, chaud, qui balaie les Pyrénées depuis déjà quelques jours. Les névés, outre qu’ils renforcent magnifiquement le caractère montagnard des étapes nous permettent, dans les conditions du moment, de franchir des portions de pierriers de manière ludique et avec un moindre effort. Que du positif !
9h20’ : Lac D’Arratille  2247m. Deux pêcheurs s’apprêtent à taquiner la truite fario.
Impossible, pour nous, de ne pas prendre le temps de plonger nos yeux dans le vert émeraude de ce petit bijou de montagne de 4,5ha et 7m de profondeur (dixit les pêcheurs).
Dés lors la pente se redresse peu à peu et de névés en pierriers nous voici au col d’Arratille. 2528m. Le lac du col est totalement glacé. Pour combien de temps encore ?
10h42’/11h05’ : Pause détente et contemplation. Nous ne sommes pas seuls sur les lieux mais ça en est que plus convivial.
De ce belvédère nous pouvons évaluer la distance à parcourir jusque au col des mulets. Le sentier semble suivre longtemps la courbe de niveau en arc de cercle de ce pan de montagne situé en Espagne avant de se redresser un peu pour atteindre l’objectif suivant.
Grande traversée donc, en territoire Espagnol, dans la bonne humeur. Nos sacs ne sont plus des fardeaux mais  deviennent au fil des heures des… partenaires.
12h07’/44’ : Col des mulets 2591m. Photos. Casse-croûte. Bronzette et tout et tout…Le terme de l’étape n’est plus bien éloigné et tout en descente. On ne voit pas le refuge mais on le devine bien au dessous, derrière cet éperon.  
Nicole et Martine rayonnent. Finalement la montagne avec un sac (beaucoup) plus lourd que d’habitude ce n’est pas si dur…
La descente de ce col d’ordinaire pierrier est presque un jeu d’enfant car un épais névé en parcourt plus de la moitié. Hélas, pour moi, la neige si ramollie et le peu de confiance en mes bâtons (pourtant dernier cri) ne me permettent pas des « ramasses » ludiques.
13h55’ pile ! Nous posons nos baluchons sur la terrasse du refuge des « oulettes de gaube » 2151m.
Il fait très chaud et la bière bien fraîche est la meilleure des récompenses. Quoi de plus beau ? Que de rêver, un verre frais à la main devant la face nord du Vignemale.

 


Petit Vignemale, Piton Carré, pointe Chausenque, couloir de gaube (peut-être un jour piolets en mains ?) Pique-longue, pic du clot de la hount (tous plus de 3000m) et ce cirque glaciaire ?

Un spectacle qui reste(ra) longtemps gravé dans les mémoires…
A choisir l’eau froide du refuge ou celle du torrent avec Domi nous nous dirigeons vers l’eau qui court pour une toilette complète. Impossible toutefois de rester plus de 3’ dans le ruisseau tant l’eau est glacée. Finalement nos corps ont bien apprécié. Des vêtements propres par-dessus nous voici neufs pour repartir…


Neuf !? Le bâtiment a gardé toute sa fraîcheur car rénové en 2005 par le CAF et géré avec la rigueur des montagnards. Il est agréable d’y faire halte même si je ne garde pas un souvenir impérissable de notre souper (je ne suis pas le seul)

 

 

 

 

Etape : 6h08’ (arrêts compris)  Dénivelée : 870m  Distance : 17 kms

Mercredi 07 Juillet :

Refuge des oulettes de gaube 2151m / refuge de Baysselance 2151m

Aujourd’hui c’est une étape vraiment courte que nous entamons.
Nous avions envisagé une boucle passant par le col d’Arraillé, le sentier d’Estom, les lacs d’Estom et glacé, le petit lac du col, le lac des gentianes enfin, par le col des gentianes, rejoindre le refuge de Baysselance.
Outre que cette « antenne » demande 6 à 7 heures, qu’elle est rendue très délicate, en certains endroits, par l’importance des névés, les plus hardis du groupe se sont rangés aux avis de Gégé et Fabien, camarades d’expérience s’il en est, qui préféraient « garder l’énergie » pour l’ascension du lendemain.

 


Sage et judicieuse décision !
Atteindre la Hourquette d’Ossoue, dans ces conditions, est une charmante petite grimpette. Nous passons tranquillement -non sans avoir échangé longuement- un petit groupe bien sympathique qui à programmé l’aller/retour Oulettes de gaube/petit vignemale pour un premier 3000m.
9h50’ : La Hourquette d’Ossoue 2734m 2h de marche et 555m de dénivelée.
Si la montée s’est effectuée à l’ombre (ou presque) Ici le soleil donne à plein et annonce encore une belle journée. Les quelques cirrus qui zèbrent légèrement le lointain nous paraissent sans lendemain.
Nous observons le cheminement qui conduit au sommet du petit Vignemale et l’enneigement conséquent ôte toute intention de « conquête » à Nicole.
Une dizaine de minutes après nous sommes au refuge de baysselance 2651m le plus haut des Pyrénées.
Construit en 1889 par Adrien Baysselance (maire de Bordeaux) il a été rénové par le CAF de 2001 à 2003. En forme de croix tronquée, son architecture en ogive est typiquement Pyrénéenne.


Le site est très fréquenté par les randonneurs/montagnards de la HRP, du GR10 et les alpinistes envisageant les courses multiples des alentours et en particulier l’ascension du culmen de « Pique longue » 3298m.
Nous voici tôt débarrassés de nos sacs et encore pourvus de quelque énergie. Domi et moi retournons à la hourquette, direction le « petit Vignemale » Nous retrouvons le  groupe du début de la matinée à quelques longueurs du sommet3032m. Observatoire magnifique pour qui n’a pas l’intention de gravir Pique longue. On ne se lasse jamais de contempler la montagne, pourtant, un dernier clin d’œil au glacier tout blanc du vignemale où évoluent quelques cordées et nous plongeons vers la descente.
12h00’ : Le groupe est à nouveau reconstitué.
Finalement 1h10’ aller/retour on ne pouvait pas s’en passer. Peut-être, demain n’aurons nous pas la même visibilité ?
BAYSSELANCE : Organisation irréprochable, ce refuge offre un accueil et une nourriture excellents. C’est la Troisième fois qu’il me sert de camp de base et jamais je n’ai été déçu.
Au repas du soir, les échanges, empreints de différences et de courtoisie à la fois, avec nos agréables voisins de table resteront des moments de convivialité qu’on n’oubliera pas.
Notre table est la dernière à rejoindre les bat-flancs.

Etape : 2h30’ (arrêts compris)  Dénivelée : 555m
3h40’ (arrêts compris)  Dénivelée : 965m (avec le petit vignemale)

 

 Jeudi 08 Juillet :

Baysselance 2651m / Pique longue 3298m / Baysselance 2651m
Baysselance  2651m / Gîte étape du Saugué 1610m

6h00’ : Gégé, Fabien, Domi et moi descendons rapidement vers la sente qui mène au pied du glacier du vignemale. La journée s’annonce chaude et un léger voile blanc enveloppe l’atmosphère, la visibilité sera moins belle que hier.
Les informations que certains ascensionnistes nous ont communiquées hier s’avèrent bel et bien exactes. La neige qui nappe le glacier est si mole que les crampons ne sont pas indispensables. D’un commun accord nous grimpons donc
crampons, corde et baudriers dans les sacs. Dans la pente nous passons un trio. l’un d’eux, qui était voisin de table hier soir, ne tarde pas à se joindre à nous.


Pour atteindre la crête qui mène au sommet, il faut s’aider des mains pour l’escalade, sans risques, d’une cinquantaine de mètres de rocher solide et raide.
8h15’ : Nous sommes autour du cigare de béton blanc, ébréché par la foudre et les intempéries,  qui marque le point culminant du vignemale 3298m, à contempler, ébahis,  l’horizon à 360°.
L’émotion de me trouver là avec mes amis Fabien et Gégé, -compagnons de toujours, d’aventures improbables-  et le spectacle offert par ce belvédère ne se racontent pas : ils se vivent au dedans…
Retour au point de départ par la voie normale en passant par la grotte « Paradis » que Henry Russel a faite creuser 18m sous le sommet.
La prudence est ici de mise car il faut éviter « d’arroser » de cailloux décelés les compagnons qui se meuvent au-dessous.
Fabien et moi sommes époustouflés par l’aisance de Gégé si sujet, d’ordinaire, au vertige. Chapeau l’ami ! (Depuis l’automne passé on t’aura tout fait !)

Descendre le glacier, après avoir jeté un œil vers l’impressionnante sortie du couloir de gaube, est une formalité.
9h55’ : (on y tient) Devant le refuge Nicole et Martine, qui ont fait la grasse matinée, nous attendent, déjà prêtes, pour la longue marche qui va suivre.
Je ne me souviens plus qui de Fabien ou de Domi a eu l’idée « géniale » de finir par un plat de spaghettis, en tous cas, cette collation s’avère royale avant le départ.


Pour ne pas rallonger l’étape, on nous a fortement conseillé de laisser le GR10 au barrage d’Ossoue et d’emprunter, un bout, la piste. Aie ! Aie !
11h00’ : Nous entamons cette superbe descente du GR10 à travers la gorge raide, parsemée de névés sous la chaleur harassante qui nous plombe au fil des minutes.
La neige en ayant obstrué les entrées, nous ne verrons pas les grottes « bellevue » que H. Russel a également faites creuser ici pour donner, entre autres,  des réceptions au « beau monde » de l’époque. Fallait-il être passionné pour « louer » le vignemale 99 ans !?
Presque 2h00’ pour atteindre le bas de cette fantastique descente de 750m de dénivelée. La chaleur lourde nous taraude. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls. Un troupeau de brebis prend sa pause sur un immense névé.
La passerelle qui, l’an dernier encore, enjambait le ruisseau des oulettes est totalement brisée vraisemblablement sous le poids conséquent de la neige.
Une halte pour rafraîchir pieds et gosiers puis enchaîner la promenade sur quelques kms de chemin carrossable.
Le soleil nous écrase, les plantes des pieds de certain(e)s chauffent, les sacs pèsent une tonne et malgré tout la bonne humeur ne quitte pas la troupe. Martine, la boute-en-train crée l’animation c’est le carburant de l’équipe…
On longe le torrent c’est un peu plus frais. Enfin la jonction et le panneau :
Le Saugué 1h15’ ouf ! Mais il faut monter. Les cimes des montagnes avoisinantes s’enrubannent de « choux fleurs ». Une chorale qui répétait en plein air est en train de plier bagages.


Nous avalons la montée, sympathique au demeurant, assez facilement.
En fait, Saugué est un plateau/balcon parsemé de fractures, il faut descendre, monter, contourner… mais les prés gras, fleuris et la vue imprenable sur la totalité du cirque de Gavarnie récompensent tous les efforts et adoucissent les morsures du soleil.  Magnifique !
Les nuages gagnent du terrain au fur et à mesure que nous approchons du gîte qui lui, se trouve à l’autre bout du plateau. Cette journée est vraiment longue.
17h00’ les premiers, qui ont décidé de « snober » la dernière pause, se laissent choir sur les bancs de la terrasse tandis que les nuages recouvrent la vallée. L’orage à venir est certain mais quand ?

Au premier coup de tonnerre, nous voici tous réunis à l’intérieur plus ou moins fourbus par la balade. Pendant que nous conversons avec un jeune couple qui vient de terminer d’installer sa tente et attend le repas, l’orage de grêle  éclate, violent, énorme comme toujours en montagne.
Le gîte est rustique, sobre mais coquet et l’hôtesse avenante. La douche chaude est bien venue pour tous. Le repas (important pour les randonneurs) très correct. Les saucisses passent bien sans autre souci de diététique.
Les agapes, ce soir, dureront autant que l’orage.

 

 

 

 

Baysselance / Sommet du Vignemale : 2h15’ (arrêts compris) Dénivelée : 750m
Sommet/ Baysselance                        : 1h40’  (arrêts compris) Dénivelée : 130m                       

Etape : 6h00’ (arrêts compris)  Distance : 21 kms                     Dénivelée : 480m
Pour Nicole et Martine

Etape : 10h55’ (arrêts compris) Distance : 28 kms                    Dénivelée : 1360m
Pour Domi, Fabien, Gégé et moi

 

Vendredi 09 Juillet :   

                                  Gîte du Saugué 1610m  / Grust 975m

Dés aujourd’hui, place à la rando « moyenne montagne » mais distance relativement longue.
Ce matin nous prenons seuls, le petit déjeuner. L’hôtesse ayant déserté hier soir en nous laissant navire et instructions pour la clef.
8h00’ : départ sous un ciel laiteux.  Pour la première fois le soleil ne sera pas au rendez-vous.
De ce point nous apercevons le col à franchir. Rien de bien méchant.
Tout d’abord, nous terminons la traversée du plateau de Saugué. L’herbe des prés n’est même pas mouillée : étonnant non ? En tous cas quel régal de cheminer le long de ces prairies nimbées d’une myriade de fleurs multicolores bien souvent endémiques des Pyrénées. Domi, en passionné de botanique y perd même son latin.

 


Nous passons donc, ce premier col (suberpeyre 1725m) non sans jeter un dernier regard vers le plateau, le cirque de Gavarnie, Néouvielle que nous ne verrons plus.

 


Nous contournons les contreforts du « Soum haut » pour arriver sur une croupe avant de plonger dans la « sapinière du Bué » par un superbe sentier.
Au déboucher sur les prés le soleil refait son apparition avec une belle ardeur.
Avant d’entreprendre une désagréable portion de macadam, nous faisons halte dans le jardin d’une maison de caractère, fermée. Un cueilleur de champignons nous explique que le propriétaire des lieux est décédé sans successeur(s)….
Cette portion du GR10 est  un mal nécessaire mais le moral est au beau fixe alors tout va.
Avant la montée qui conduit à la croix de Sia 1050m, nous nous désaltérons chez Francis : spécialiste du « gateau à la broche de Sia » dont il nous fera goûter quelques miettes. L’endroit est un peu surprenant.
Un ours statufié trône sur le four à gâteaux, une antique machine agricole aux différentes pièces peintes couleur pastel occupe une partie de la cour…
Il nous faudra presque 1 heure pour atteindre la croix, le temps s’avance dans l’après-midi et il est à craindre que nous aurons la même punition que hier car les nuages commencent à noircir le ciel.
Il nous semble, ici, que les balises du GR10 sont aléatoires et pour la première fois il faut sortir la carte.
Pas de doutes il faut encore monter. Plus loin, une balise défraîchie nous confirme que nous sommes bien dans la bonne direction.
Longtemps, nous marcherons à plat sur ce sentier balcon surplombant cette belle vallée du pays Toy.
Sazos : le temps presse,  le ciel noircit, c’est sûr nous allons avoir droit à l’orage.
Pour raccourcir un peu nous prenons la route de Luz Ardiden : Montée emblématique que les cyclistes connaissent bien. Dans le dernier méandre les premières gouttes s’abattent dru sur le macadam chauffé nous gratifiant d’un bain de vapeur.


16h07’ : Grust. Ouf ! Contents d’arriver dans ce coquet petit village qui offre une vue imprenable sur Luz St-Sauveur et la vallée, dans un calme absolu.
Nous nous pressons devant la porte du gîte « Le soum de l’ase » pour enfiler les sabots d’intérieur.
Finalement nous ne sommes pas trempés. Simple petite alerte pour activer nos pas. L’orage viendra plus tard…


L’hôtesse : Claudine Tarrieux, nous accueille dans cette grange aménagée en gîte confortable et d’un goût certain, mettant en valeur quelques antiques attributs du temps où les gens d’ici vivaient le pastoralisme (le vrai, le dur) et la montagne.

De tout notre périple, c’est bien cet hébergement qui nous laissera le meilleur souvenir car même si ce n’est pas là  l’essentiel dans la rando itinérante, à l’âge de nos artères, un minimum de confort contribue grandement à l’ambiance et la récupération.

 

 

 

 

 

Etape : 8h07’ (arrêts compris)  Distance : 27 kms   Dénivelée : 770m

 

Samedi 10 Juillet :   

 
Grust 975m / col de Riou 1949m / Cauterets 913m

Notre sympathique hôtesse a accepté gentiment d’avancer l’heure du petit
déjeuner.
Aujourd’hui se termine la boucle.
7h10’ : Après avoir, tous loué l’accueil, d’un mot sur le livre d’or, salué la maîtresse des lieux, promené un dernier regard sur le jardinet si joliment fleuri, nous suivons les balises qui nous conduisent dans les rues du village, dallées par endroits et ça monte déjà.
Nous passons devant la petite église que Martine et Gégé, bravant les gouttes, ont visité hier soir.


La dernière maison franchie, nous empruntons un sentier superbement entretenu. L’empierrement qui en forme le sol confirme bien, qu’en son temps, il était chemin d’estive pour mener le bétail vers les prairies qui couvrent tout l’espace du col de RIOU.
Pour le moment nous évoluons dans le brouillard et une atmosphère semblable à la moiteur tropicale sur une sente bordée de noisetiers.
Nous coupons plusieurs fois la route et subitement : le soleil éclatant! L’immense reprend  ses droits.
Au sortir de la ouate des nuées de taons nous « attaquent » sans répit et le sentier se fait plus raide : Pénible, vraiment pénible.
Il nous faut bien marcher (fuir) une ½ heure avant de les « semer » et atteindre la station de ski où la pause sera la bien venue.
10h10’/40’ : Col de RIOU 1949m. Vue fantastique.
L’azur est si limpide qu’il rapproche les montagnes. Les vallées de Gavarnie et de Cauterets sont encore noyées sous la brume compacte.
L’envie ne manque pas de rester là, comme ces promeneurs venus des deux côtés du col.
Descente vers les voitures assez rapide…


Extase, toutefois devant une orchidée rare dont seul Domi connaît le nom ou perplexité devant un panneau à hauteur du « chalet d’Hortense » qui nous indique Cauterets à l’opposé de notre direction. Erreur du graveur ? Qu’importe il faut descendre…
A Cauterets il est 12h40’ le soleil est retrouvé et la boucle bouclée !

 

 

Etape : 5h30 (arrêts compris)  Distance : 18 kms  Dénivelée : 950m

                                                                                                 Jean QUINTANA